NSS Schrödinger

Forum rpg futuriste mettant en scène des futurs colons en exil de leur planète d'origine.
 
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 Citronel

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Myrrha
MJ Nodawn
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MessageSujet: Citronel   Ven 23 Sep - 22:00



J'aime personne.

A commencer par mes parents.

Ma mère, cette folle.
Apparemment, un genre d'hippie qui a réussi on ne sait comment à se frayer jusqu'au lit de mon père, et à rester dans ses appartements le temps de sa grossesse. C'est à elle que je dois ce si charmant prénom. Citronel. Faut vraiment être cinglée non? Parait qu'elle a fait toute une vie pour qu'on m'appelle comme ça, qu'elle a menacé de sortir des squelettes du placard et je n'sais quoi encore.
Me baptiser d'un prénom aussi ridicule, et ensuite s'enfuir cultiver ses champignons loin de la ville. C'est elle tout craché ça.

Mon père, ce connard.
Automate, puissant, respecté et craint. Celui qui a décidé de faire de moi, son double féminin.

Pourquoi moi bordel? Il en a surement plein les tiroirs, des bâtards. Et ils ont surement été mieux gatés par leur maternelle niveau patronyme ceux là.


"Sois cruelle et tais toi."


Je hais cette vie.

J'les hais, tous, ces hypocrites, ces soumis, ces chiens enragés, ces rats d'égout. Tous autant que vous êtes, vous me dégoutez.

Oui Papa, je ferais tout comme tu me diras de le faire, je serais cette fille froide et dure dont tu as toujours rêvé, j'écraserais tes ennemis, et je t'écraserais, toi. Tu verras, tu en pleureras de joie.
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Myrrha
MJ Nodawn
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MessageSujet: Re: Citronel   Ven 23 Sep - 22:01

J'avais tout préparé.

Soigneusement, méticuleusement. Comme il me l'avait appris.
J'avais travaillé discrètement, réunissant les fonds sur d'autres comptes, faisant des virements fantômes.
Les destinataires, mes mercenaires, ces rats d'insurgés.

Ils me débectent comme tous les autres. Ou plutôt, il me font pitié. S'ils ne baignaient pas dans les égouts toute la journée, la queue entre les jambes dès qu'ils croisent des représentants de l'Ordre, je les tiendrais presque en estime. Car eux, contrairement à beaucoup de ma caste, défendent l'art, et le défendent bien.
Mais leur autre utilité, c'est encore leur agressivité envers nous, ceux de la "haute"...
Quoi de plus facile alors, que de les encourager à l'attentat, et de les financer...
Ils se foutent que leur mécène soit une gosse de riche et qu'ils servent mes intérêts, je sers aussi les leurs en leur permettant de frapper si haut. Et de s'attribuer toute la gloire de cette action terroriste.
Un bon business comme je devrais l'aimer.
Sauf que je n'aime rien en ce bas monde.

Arme à la main, je remonte le couloir tapissé de cette moquette rouge dégueulasse, plus décidée que jamais. Aucun garde du corps ne m'arrêtera, ces chiens de NODs sont bien trop occupés à courir après les rats. Qu'ils y aillent, qu'ils s'amusent. Il est vrai que leur vie de nounou pour gros friqué doit être terriblement morne pour eux.
Allez y mes braves, dégourdissez vous les jambes, c'est moi qui offre...
Et vous allez courir longtemps, car j'ai même fourni un plan des issues de secours à mes "employés"...

Arrivée devant la porte blindée du bureau, j'écarte d'un geste de la main le NOD qui s'apprêtait à ouvrir la porte.

Je me charge de la sécurité de mon père. Allez donc faire ce pour quoi on vous paye, à savoir réparer tout ce merdier.

Il ne bronche pas, s'éloigne. Personne ne discute mes ordres. J'ai une arme, je suis apte à m'occuper de mon père seule...

J'entre. Mon regard est de glace, mon visage lisse. Comme toujours. Aucune expression ne saurait troubler la tranquillité de ma peau lisse et sans marque. Même mes yeux ont cessé de s'exprimer, ils se sont enfermés loin, et ont dressé un mur entre eux et le monde, un mur fait de barbelé et de béton froid...

Tout ça, grâce à toi, "Papa"...

Ce mot seul me donne envie de gerber...

Il se tourne vers moi, confortablement assis dans son fauteuil moelleux en cuir. Il a l'air calme, à l'abri derrière sa baie vitrée blindée de volets métalliques. A la résistance des obus, parait-il. Comme si j'avais besoin de ça...

Ses yeux, froids, comme toujours. Il n'a pas le temps d'ouvrir la bouche. Je lève mon arme et tire.
Dans la poitrine. En plein coeur.
Sur qu'à cette distance, je n'aurais pas pu le louper.

Je voulais voir ses traits se figer, sa bouche s'arrondir dans une question qu'il n'aura jamais le temps de poser, faute d'espérance de vie assez longue. Je voulais voir le sang perler au coin de ses lèvres avant qu'il ne s'écroule. Je voulais le voir vomir même, qu'il éclabousse son beau bureau d'acajou sous le vermeil de son sang, qu'il tache sa moquette et foute en l'air son beau costume taillé sur mesure.

Mais au lieu de ça, il a sourit.

Pour la première fois de ma vie, j'ai vu ses lèvres s'étirer, sans cette acidité dans les fossettes qui s'appelle "rictus".
Il était fier, ce connard.
Je viens de le tuer, et il est content.
Mais crève!
Crève connard!

La porte s'ouvre derrière moi, ces salauds filent vers lui, le prennent et l'emmènent en salle de réanimation.

Non!
Laissez le là, qu'il crève!
Je l'ai eu en plein coeur, il n'a pas de gilet, il saigne!
Il va crever, foutez nous la paix!
Laissez moi savourer ça, la seule fois où je peux m'autoriser à aimer quelque chose....

Je baisse mon arme. Je suis seule. Un check-up rapide dans un miroir, j'ai toujours mon masque de glace sur le visage. Bien.

(...)

Il a survécu. Nano-machines de merde, implantées dans son coeur. La prochaine fois, je t'aurais en pleine tête au 22 long rifle, connard. Mais à cause de ma foirade, la prochaine fois sera longue à atteindre...

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Myrrha
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MessageSujet: Re: Citronel   Ven 23 Sep - 22:02

Je suis un monstre. Vous l'apprendrez bien assez vite.

J'ai été éduquée pour ça, être impitoyable, ne penser qu'à moi et m'élever en vous écrasant du bout de mon talon. En vous l'enfonçant dans l'oeil, même, ce talon. Vous verrez, vous allez très vite me détester. Mais rassurez vous, pas autant que moi, je me hais.

J'ai été éduquée pour ça, et même si je me débecte, je ferais comme on m'a toujours dit de faire. Je vous ferais crever pour mon confort, je pourrais vous regarder vous faire torturer toute une nuit sans montrer le moindre signe d'émotion. Surtout si cela peut m'apporter. Je vous piétinerais, car vous n'existez que pour ça. Et toujours, pas la moindre ride sur ma peau lisse, pas le moindre pli au coin de mes lèvres ou de mes yeux. Il y a un monde entre vous et moi, je vous prie de ne pas l'ignorer, car vous le rappeler moi même serait très douloureux. Pour vous.

Et pourtant...

Et pourtant, mon cerveau privé de camisole hurle. Il veut profiter de la liberté supposée être accordée à ceux de mon rang. Le droit d'aimer. Le droit de vivre. Si je n'en suis pas capable, alors je ne suis plus si différente de ceux que je rabaisse par devoir non?

Alors, parfois...

Alors, parfois, je sors. Seule, mais armée. Je pars.
Pas pour voir ces trainées de Valkyries, leur plaisir vicié et corrompu. Ce que je veux, c'est l'Art, le vrai. Celui qui vous fait pleurer. Celui qui vous fait rire, danser, trembler. Et, ne nous faisons pas d'illusion, à mon époque, il n'en reste plus grand chose. Le temps a passé, la répression aussi, que reste-il de ces merveilles? Des hologrammes, scannés avant leur destruction. Merci mais non merci, je veux de l'authentique moi.
Je vous saigne pour avoir du fric, j'exige que cela ne soit pas complètement vain.

Alors, parfois, je remonte le temps. Il y a, au fond des laboratoires des Mentalistes, une faille. Un passage. Vers la Novlangue d'avant. Vers celle où on voyait encore le jour, même s'il était déjà gris. Vers celle où le marché noir est encore assez fourni...

Personne ne le sait, pas même mon connard de père. Je fais ça bien, avec des faux et du piratage de drones de surveillance. C'est mon entreprise qui gère ça après tout. Trop facile, d'y aller, ces trouillards de scientifiques ont bien trop peur de la faille pour s'en approcher. Oui, la cribler de capteurs, et partir en jetant la clé sous la porte, c'était bien plus rassurant hein... Mais pas assez efficace avec moi.

Je suis une automate. Je suis viciée, corrompue jusqu'à la moelle, une pourriture comme vous rêvez d'en crever. Et en plus, je peux me balader à ma guise dans le temps.
Je pourrais vous aider à changer le cours du Temps, mais seulement si cela rencontre mes intérêts. Alors? Suis-je suffisamment détestable à vos yeux à présent?
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Myrrha
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MessageSujet: Re: Citronel   Ven 23 Sep - 22:02

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