NSS Schrödinger

Forum rpg futuriste mettant en scène des futurs colons en exil de leur planète d'origine.
 
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 Que tout parte en fumée

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Lydhen
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MessageSujet: Que tout parte en fumée   Jeu 10 Nov - 13:43

Dans un coin de l’unique pièce de son abri de fortune, sous le lit, une caisse.
Lydhen l’attrape d’un mouvement brusque et farfouille dedans quelques instants, jette par-dessus son épaule les objets qui ne l’intéressent pas.
Une clé de douze. Jette.
Un couteau. Ça ça peut être utile. Il l’accroche à sa ceinture.
Un vieux bouquin aux pages déchirées. Jette.
Un sac vide. Jette.

Et enfin, il met la main sur ce qu’il cherchait : un bandage qu’il passe immédiatement autour de la plaie béante au dessus de son nombril.

Des soins très précaires, d’autant plus qu’il ne dispose de rien qui pourrait désinfecter sa blessure. Il se contente de serrer correctement la bande, en espérant qu’elle le soulagera un minimum. A vrai dire, pour l’instant il ne ressent pas la douleur, endormie par l’action de la drogue qu’il a absorbé. Il redoute le moment où les effets se dissiperont.
D’un mouvement de tête il balaie l’idée. Ne pas y penser. Il a encore de la marge.

Il s’agite, va et vient d’un bout à l’autre de ces quelques mètres carré, enfourne des objets dans une sacoche, en vide aussitôt le contenu sur le lit, envoie tout balader d’un geste, et recommence.
Perpétuellement insatisfait de son paquetage, il feint de ne pas avoir remarqué le corps gisant sur le sol. La tension en lui devient insupportable, il n’est pas dupe de sa propre comédie ; il n’y a pas de place pour deux dans cette pièce.
Les quatre murs de tôles en deviennent plus oppressants que jamais.

Dans une tentative de faire abstraction des sujets sensibles, Lydhen se concentre sur le contenu de sa sacoche, énumère mentalement ce qu’il doit emporter, les objets qui lui seront utiles parmi le peu qu’il a trouvé.

Bandage. Vêtements. Couteau. Briquet. Seringue.

Une seconde de panique : il manque l’essentiel !
Ses yeux balaient rapidement les lieux, et inévitablement retombent sur le cadavre ; l’affolement laisse alors place à des sueurs froides.

Malgré le malaise Lydhen s’approche et récupère dans les poches de feu son frère trois petits flacons.
Dès qu’il est question de ses précieuses doses il oublie aisément tout le reste ; ce morceau de verre planté avec une précision cruelle, le sang sur ses mains, détails relégués au second plan.

[...]

Derrière lui les flammes s’élèvent, Lydhen se retourne. Elles dansent devant ses yeux, terriblement envoutantes.

Des morceaux de ce bidonville il en crame tous les jours, personne n’y prête plus attention. On croira à un départ de feu accidentel.
Dans quelques minutes les badauds commenceront à se rassembler autour de l’incendie, puis chercheront à limiter les dégâts. D’ici qu’ils parviennent à le maîtriser, le feu aura largement eu le temps de détruire ce qui doit l’être, et Lydhen sera déjà loin.

C’était la seule solution : que tout parte en fumée.

La suite des évènements ? Partir. Fuir à jamais ce trou à rats sordide, c’est tout ce qui compte à présent alors il se met immédiatement en route avec pour but le centre de Crépuscule, sous la montagne.

Une vive douleur se rappelle à lui, le forçant à revoir l’ordre de ses priorités.
Sur son t-shirt gris une tache sombre s’étend peu à peu...
Il n'ira pas loin tant qu'il n'aura pas soigné cette blessure.
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Lydhen
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Ven 18 Nov - 1:48

[conséquence des évènements survenus ICI]

**

Sa vision se trouble. L’espace d’un instant le monde n’est plus qu’une tache floue où se meuvent pointes de couleurs et halos de lumière.
Cette poignée de secondes où il perd totalement conscience de l’environnement qui l’entoure empêche Lydhen d’anticiper la collision.
Quand bien même il aurait vu l’homme foncer droit sur lui, aurait-il eu le réflexe de l’éviter ? Son cerveau engourdi par l’abus de psychotropes aurait-il pris la peine de réagir ?

Il l’a percuté de plein fouet, le heurtant violemment à la tête.
Le paysage tangue, Lydhen vacille et se retrouve par terre.
L’atterrissage brutal accentue encore la douleur de sa blessure déjà bien trop présente.

Hébété, le jeune homme demeure assis à même le sol, observe les taches de lumières qui se forment devant ses yeux, cligne plusieurs fois pour les forcer à disparaitre.
Dans les méandre de ces étincelles il finit par apercevoir, de plus en plus clairement à mesure que les points lumineux se dissipent, le visage de son "agresseur".

Assis face à lui l’individu n’a à première vue pas le profil du dangereux désaxé s’attaquant à quiconque se place sur son chemin.
Manque de chance, il se pourrait bien que, dans l’état où il se trouve en ce moment, Lydhen corresponde lui d’un peu trop près à la description. Surtout s’il se laisse guider par cette pulsion qui lui intime de sauter à la gorge de ce pauvre gars…

Il cède à la pulsion. Avant tout parce qu’elle a été plus rapide que tout le reste, qu’elle n’a donné le temps à aucun raisonnement de s’amorcer dans son esprit.

Des deux mains il saisit le gars par le col, lui gueulant au passage quelques mots peu aimables :

« - Peux pas regarder où tu marches, connard ?!?!! »

Les traits de Lydhen se crispent en une grimace sous l’effet d’un soudain pic de douleur.

Sa main gauche, à présent tremblante, se cramponne désespérément au col de l’homme qui lui fait face, tandis que la droite est venue se plaquer à l’endroit de sa blessure.
Malgré le bandage, la tache de sang sur son t-shirt s’est encore agrandie.
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Orso Datem
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Lun 21 Nov - 17:54

Assis par terre, la tête lourde, Orso essaya de reprendre ses esprits. Alors que le ciel et le sol se confondait encore et qu'il tentait tant bien que mal de se remettre debout tout en bredouillant quelques excuses maladroites, il fut saisi par le col et reçu un aboiement de plus antipathique en plein visage.

- Peux pas regarder où tu marches, connard ?!?!!

L'inconnu le secoua légèrement, à moins que ce ne fut encore le contrecoup du choc frontal et le jeune xénologue tenta comme il pût de se confondre en excuses, bégayant à chaque syllabe. Mais le temps lui était compté, il n'oubliait pas que ses poursuivants étaient toujours après lui et qu'ils allaient peut être le retrouver, il n'avait rien d'un athlète et il n'était absolument pas sur de les avoir semé. À moins que la loi de Murphy n'agisse et que ce soit cet inconnu qui lui colle son poing en pleine figure, lui qui était habitué à cette loi n'aurait en rien été surpris de leur échapper et de s'en prendre une quand même.
Il ferma les yeux du plus fort qu'il pût, une légère moue sur le visage et attendit. Mais rien ne se produisit, il ouvrit timidement un œil et constata que l'inconnu se tenait désormais le ventre et grimaçait sous ce qui lui sembla de la douleur. Il regarda un peu plus longuement et aperçu une tâche de sang grandissante sous la main de son interlocuteur.

À moins que ce dernier ne se soit fait poignardé dans les bidonvilles pour une miche de pain, ce qui était plus que possible, Orso n'avait aucun doute quant à l'origine de cette plaie. Il venait peut être de trouver le moyen de se racheter pour cette rencontre de plein fouet.

- Écoutez, je suis vraiment désolé, bredouilla-t-il en montant dans les aiguës sous l'effet du stress. Mais je ne peux rester dans cette rue, il y en a qui ont triché et qui veulent me donner une correction pour l'avoir remarqué. Mais si vous pouviez m'aider à trouver un endroit sur et discret, je vous promet que je pourrai vous aider avec cette plaie, je sais ce que c'est et je peux la soigner.

Oso tourna la tête dans les sens et aperçu au loin ses poursuivant qui tendaient le cou pour mieux le repérer au travers de la foule.

- Ils sont juste là, je n'ai plus beaucoup de temps. Qu'en dites-vous ? Je vous jure que je sais ce que je fais.
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Lydhen
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Mer 23 Nov - 2:06

Le type m’en finit plus de baragouiner des excuses qui passent à quelques kilomètres au-dessus de la tête de Lydhen.

Il n’a pas fait exprès, c’était un accident ? Tant mieux.
La bousculade était délibérée ? Tant pis.
A cet instant le blond se fiche pas mal du pourquoi, et se contrefiche tout autant du comment de cette collision inopinée.
Avec sa plaie qui se réveille, sa situation vient de se dégrader d’un cran. Il a mal évalué la gravité de sa blessure, c’est beaucoup plus sérieux qu’il le pensait.
Peu à peu il se rend à l’évidence : la porte de Trad, puis le centre de Crépuscule, il faudra remettre ces projets à plus tard.

L’autre s’obstine dans des explications embrouillées… à moins que Lydhen ne soit simplement plus en mesure d’en analyser le contenu. Les bribes d’informations qu’il parvient néanmoins à intercepter ne présagent rien de bon. Le mec se sait traqué et ses poursuivants sont sur ses talons.
Ce qui implique inévitablement qu’en voyant Lydhen en compagnie de son inconnu du jour lesdits poursuivants ne chercheront pas à savoir si les deux individus sont effectivement complices ou si la rencontre à eu lieu cinq minutes auparavant.

Formidable. A croire qu’il n’existe absolument aucune limite au nombre d’enchainements d’évènements néfastes possible en l’espace d’une seule journée.

Observant l’inconnu balayer la foule du regard, le jeune homme se redresse légèrement pour apercevoir à son tour le danger qui approche. Ce faisant il tente péniblement d’amorcer une réflexion.

Un lieu sûr ? …
La maison ! Personne ne pensera… … *Oublie ça, tu veux !? Ce tas de tôles que t’appelais maison c’est fini !* L’auto-rappel à l’ordre est agressif et recentre le débat mental sur la recherche de solutions efficaces.

Quand on gagne sa vie en refourguant de la came, on a toujours deux ou trois planques sûres…

Après de longues secondes Lydhen déclare enfin, dans un murmure :

« - Je sais où on peut se planquer. Pour le reste… on en reparle une fois là bas. »

Comme si en l’état actuel des choses s’occuper de lui-même n’était pas déjà assez difficile, le voilà qui accepte de servir de guide à un parfait inconnu !
Toutefois, il prend soin de ponctuer sa dernière phrase d’un regard signifiant clairement à son interlocuteur qu’une fois sur place il n’a pas intérêt à avoir oublié le moyen de le soigner. Parce que c’est bien cette supposée connaissance qui (en plus du danger immédiat) a fait pencher la balance en sa faveur.

Lydhen se relève avec une certaine difficulté, sa main droite toujours crispée contre son ventre. Il serre les dents. Faut tenir jusqu’à la planque.

« - On va profiter de la foule pour remettre un peu de distance entre nous et ces types. Dès qu’on sera suffisamment loin on se barre discret vers un coin plus tranquille. »

Semer les poursuivants en tirant profit de l’effet de foule, puis, lorsque ce serait possible, s’éloigner des passages trop fréquentés et emprunter le dédale du bidonville jusqu’à arriver à destination. Présenté de cette manière cela semble tellement facile…
Tandis qu'ils avancent dans la rue noire de monde, le jeune homme expose son plan d’une voix qu’il veut posée mais qui peine pourtant à dissimuler le sifflement de plus en plus prononcé de sa respiration.

A vrai dire, les ennemis de l’inconnu n’arrivent pas en tête dans l’ordre de ses préoccupations. Sa véritable angoisse c’est ce sang qui se répand sur sa main droite à laquelle il n’ose même plus jeter un regard.

De là où ils sont, les deux compagnons d'infortune se trouvent relativement proches de l’endroit sûr envisagé par Lydhen ; à savoir les restes de ce qui fut probablement l’un des modules de secours du NSS Schrödinger.
La carcasse du module offre un abri satisfaisant. Le morceau de bidonville qui au fil des années s’est greffé autour ne compte plus aujourd’hui que quelques rares occupants; la populations s'est concentrée dans d'autres quartiers.

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Orso Datem
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Lun 28 Nov - 17:38

Quelques pas encore et la foule aurait fini de les noyer dans l'anonymat et ils auraient tout le temps de se pencher sur le problème abdominal du jeune inconnu. À travers le tumulte des bidonvilles, à grand coup d'épaule et de bousculades accompagnées de grommèlements ressemblant vaguement à des excuses, ils se frayèrent un chemin jusqu'à une des anciennes zones désormais désertées par les habitants de Crépuscule.
Les restes du module désignés par Lydhen n'étaient plus très loin, et en tournant la tête, il sembla à Orso qu'ils avaient enfin pu semer ses poursuivants. Mais, ne jamais crier victoire trop vite, il l'avait lu dans un des nombreux registres de la bibliothèque centrale, et il ne serait tranquille qu'une fois à l'abris, caché des regards de tous. Lydhen commençait de plus à saigner abondemment et Orso commença à douter quant à la nature de cette plaie. Les termites s'y prenaient généralement de manière plus propre et soigné lors de l'implantation d'une larve, et son nouveau camarade d'infortune saignait d'une manière indécente pour un simple rituel de reproduction. À moins que l'individu ne fut extrêmement jeune, peut être même sa première fois ? Un sourire se dessina furtivement sur le visage du xénologue, il imaginait la première fois d'une termite à la manière humaine, chose complètement ridicule mais néanmoins amusante. Il ne sourit toutefois pas longtemps, de peur de vexer son acolyte et il reprit vite son sérieux.

Une fois dissimulés par la carcasse démembrée de l'antique vaisseau, il fit signe à Lydhen de s'assoir, réajusta ses lunettes et se mit à la hauteur de son abdomen afin de pouvoir examiner son sauveur. Il avait promis qu'il l'aiderait et c'est exactement ce qu'il allait faire. Il lui demanda de bien vouloir soulever son T-shirt et à la vue de la plaie, Orso failli tourner de l'oeil. Il se tint en équilibre en posant sa main droite sur le sol et regarda Lydhen droit dans les yeux l'air compatissant, avant d'ausculter de nouveau son ventre.

- Je comprends mieux les saignements et j'imagine très bien la douleur que vous devez ressentir, dit-il en essayant de ne pas s'évanouir. Le ou la termite, je ne sais jamais comment le dire, qui vous a implanté était très jeune, voir trop jeune, peut être même sa première fois comme je le pensais. Mais c'est bizarre, d'habitude l'implantation est plus soignée, vous avez résisté ? Cela pourrait expliquer pourquoi la plaie et si grande, si vous avez bougé pendant le processus cela aurait effectivement pu agrandir l'orifice. Mais pourquoi vous faire implanter si vous n'etiez pas d'acc ...

Il leva les yeux vers Lydhen et fut pris d'une grande tristesse pour ce dernier.

- On vous y a forcé n'est-ce pas ? demanda-t-il. Voilà pourquoi cette plaie est si grande. Nous avons encore du mal à nous comprendre avec les Termites et j'ai bien peur que celle-ci n'ai pas saisi que vous ne vouliez pas, malheureusement. Je suis désolé mon cher ami, mais vous êtes enceint à l'heure où nous parlons. Je vais aller chercher de quoi nettoyer tout cela et faire un bandage. Mais je ne crains de pouvoir faire plus.
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Lydhen
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Sam 3 Déc - 14:52

Un soupir de soulagement échappe à Lydhen à l’instant où les restes du module apparaissent dans son champ de vision.
Les derniers mètres à parcourir s’avèrent toutefois les plus éprouvants ; il avance sans que l’épave ne semble pourtant se rapprocher d’un iota. La douleur omniprésente l’empêche de se concentrer sur quoi que ce soit, trouble ses perceptions.

Malgré une mauvaise appréciation des distances le voilà enfin en lieu sûr, à l’intérieur de la carcasse du module.

Sans que Lydhen n’ait besoin de lui remémorer les termes de leur accord, Orso demande à examiner la blessure. Il n’a pas menti et semble savoir à quoi il a affaire. Au moins un point positif dans cette histoire.

Le blond soulève son t-shirt, écarte le bandage précaire réalisé avant son départ de chez lui.
La plaie n’est pas belle à voir, il en détourne brusquement les yeux, préférant s’abîmer quelques secondes dans la contemplation de la carcasse métallique au-dessus de sa tête, le temps de regagner une certaine contenance.
C’est pas le moment de tomber dans les pommes !

Son regard abandonne ensuite le plafond et part à la rencontre de celui compatissant de son infirmier.

Le spécialiste débute son analyse, et Lydhen l’écoute aussi attentivement que possible, se concentre sur le son de sa voix pour garder un pied ancré dans cette réalité qu’il sent peu à peu filer entre ses doigts.
Malgré le voile de l’inconscience si proche de lui, le jeune homme demeure impressionné par les informations qu’Orso est capable d’obtenir en se basant sur le simple examen qu’il est en train d’effectuer.
Avant même d’avoir pu l’observer en détail il avait soupçonné l’origine de la blessure, il en déduit à présent le profil de la Termite, de là qu’il commence à échafauder une hypothèse concernant les circonstances de l’implantation.
Ce dernier point l’amène immanquablement à questionner le principal intéressé…

Avec difficulté, Lydhen rassemble les bribes de son souvenir, les articule en quelques explications à l’attention de son médecin.
Cependant, pas question d’en dévoiler plus que nécessaire à un quasi-inconnu, aussi, le dénouement exact de l’histoire et autres affaires de famille passent volontairement à la trappe.

« - La bestiole m’a obligé à rien. Du moins, pas que j’me rappelle. Et c’lui qui l’a fait est pas prêt de … »

La phrase reste inachevée tandis que son auteur réalise avec un temps de retard la révélation qu’on vient de lui livrer.
De manière quasi-inconsciente il a tout fait pour retarder au maximum l’échéance. Pourtant, le verdict vient de tomber, irrévocable : le Termite a bel et bien implanté sa larve.

Anéanti, sans voix, il cherche le regard d’Orso, espérant y déceler des réponses, n’importe quoi plutôt que l’irrémédiable sentence qu’il vient de prononcer.

Une erreur de diagnostic ! Ça ne peut être qu’une erreur !
Après tout, Lydhen ne sait rien de l’étendue des compétences d’Orso, il a peut-être mal évalué la situation ! Pourquoi devrait-il accorder ainsi une confiance aveugle aux propos d’un inconnu ?!! … Et, d’un autre côté, quel intérêt aurait ledit inconnu à lui mentir ?

« - Enlevez moi ça. »
Chaque mot soigneusement détaché des autres, la voix est posée, un peu trop pour que cela semble naturel…
Garder son calme. Garder son ……

Lentement il ramène à lui le seul bagage qu’il ait conservé. Il ouvre la petite sacoche, tâtonne un peu avant de mettre la main sur l’objet escompté…

Il empoigne le couteau, d’un geste fébrile le pointe en direction d’Orso.
Une arme brandie sous l’effet de la tension nerveuse, de l’angoisse, comme si le simple fait de la tenir en main pouvait suffire à le protéger de la révélation qui vient d’être prononcée.

« - Enlevez moi ça je vous dis !!!!! »

Le ton est cette fois-ci plus pressant, les mots hurlés comme des menaces.
Mais la main tremble et il finit par abaisser son arme en même temps que ses yeux qu’il n’ose plus ramener vers ceux d’Orso par crainte d’y lire le reflet de son acte.
Lydhen prend une profonde inspiration, il sent les gouttes de sueur froide qui s’écoulent plaquant ses cheveux contre ses tempes.

Il ne voulait pas le tuer. Il ne l’aurait pas fait.
Sa réaction stupide guidée par la fièvre et la violence de ses émotions le plonge à présent dans un terrible sentiment de honte.

Lydhen confie le couteau à son compagnon d’infortune, lui murmurant des excuses, les yeux rivés sur le sol.
Il lui remet également le bandage qui se trouvait dans la sacoche puis la repose sur le côté. L’autre n’a pas besoin d’en connaitre tout le contenu ; plus longtemps il ignorera la présence de la seringue et des trois petits flacons, mieux ce sera.

« - Est-ce qu’il existe un moyen de me débarrasser de… de cette chose ? Je veux dire… si vous ne pouvez pas le faire est-ce que quelqu’un en est capable ? Est-ce que c'est simplement possible ?? »

Comme le soulignait précédemment sa rencontre du jour, on en sait encore peu sur les Termites.
Aussi, Lydhen n’a qu’une idée très imprécise de ce qu’implique l’implantation d’une larve. Alors, tout ce qui lui reste maintenant c’est la peur, cette saisissante terreur vis-à-vis de phénomènes qui lui sont inconnus mais auxquels le voilà pourtant confronté.
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Orso Datem
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Mar 6 Déc - 18:40

Orso sentit tous ses poils se dresser lorsque son nouvel ami d'infortune pointa le couteau dans sa direction en criant. Quelques gouttes de sueur perlèrent dans son dos et l'adrénaline afflua de nouveau dans l'intégralité de son corps. Je vais finir par faire une attaque, se dit-il. Pourquoi faut-il que tout le monde veuille ma peau aujourd'hui ?

Datem garda son calme tant bien que mal, mais sa voix montant à nouveau dans les aiguës, tel un couinement le trahissait à mille lieux. L'inconnu se maitrisa enfin et lui rendit son arme, en gage de confiance peut être ? Il bredouilla quelques excuses mais Orso s'en fichait, il comprenait que l'on puisse réagir de la sorte après une nouvelle pareille, surtout si on l'avait forcé.

- Écoutez, dit il le plus calmement qu'il le pouvait. Je vais aller chercher du matériel médical à la porte de Trad afin de soigner tout cela, il ne faut pas laisser votre plaie au grand air avec ton ce sable et cette poussière, sinon vous aurez à faire à pire qu'une larve croyez-moi. Quand à savoir s'il est possible de s'en débarrasser je n'en sais rien. Personne n'a jamais encore manifesté son désir d'avortement d'une larve termite, il faut dire qu'à part vous je n'ai connu que des volontaires, de plus, cela pourrait fortement nuire à nos relations avec ce peuple. Mais je suppose que c'est bien la dernière chose qui vous inquiète, c'est normal.

Orso le regarda, de la tristesse se lisait sur son visage, comme toujours, il ne savait aucunement cacher ses sentiments, c'est pourquoi on savait toujours lorsqu'il mentait. Et il ne mentait pas, il était vraiment désolé pour ce jeune inconnu qui venait de vivre une des implantations les plus traumatisantes et violentes de l'histoire de Nodawn.

- Je ... Je vais aller chercher ce qu'il nous faut, et il faudra vous reposer pour le reste de la journée.

Drôle de manière de dire que celle de prononcer le mot journée. Crépuscule étant sur la frontière, ses habitants ne connaissaient qu'un perpétuel lever/coucher de soleil. Mais les habitudes ont la vie dure, et les premiers colons avaient gardé le système de journée de 24h, afin de pouvoir avoir une certaine chronologie des choses et un certain rythme. Chose futile et presque inusitée par les habitants des bidonvilles, mais encore importante pour ceux qui résidaient à l'interieur de la montagne.

- Au fait, reprit-il. Vous avez quelque part où rester ? Je n'ai qu'un minable chambre d'étudiant dans le centre-ville mais j'ai un canapé sur lequel pour pourrez dormir en attendant d'aller mieux. Et si vous le souhaitez, je dois me rendre à la Termitière dans quelques jours, pour ma thèse, vous pourriez m'accompagner et nous demanderons tout ce qu'il y a à savoir sur les larves. Mais par pitié, laissez moi parler, j'ai déjà rencontré ce peuple et la communication n'est pas aisée. Ce sont nos seuls alliés sur ce monde hostile et ils ne faudraient pas les perdre.

Il chercha s'il avait de l'argent sur lui et commença à sortir des décombres les abritant.

- Restez calme et tenez bon. Je reviens au plus vite.
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Lydhen
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Jeu 8 Déc - 19:10

La conversation vire dans le surréaliste, le sentiment qu’en retire Lydhen est désagréable, dérangeant : l’homme en face de lui a prononcé le mot "avortement". Le genre de propos auxquels il n’aurait jamais imaginé être confronté… du moins pas dans le rôle qu’il y tient actuellement.

Immédiatement il y associe la notion de viol, repensant à ses déboires. Seulement ça ne cadre pas... et ...

Entre deux pensées il s’entend confirmer à son compagnon d’infortune qu’il lui faudra l’héberger et qu’il sera du voyage pour la Termitière.

Le voilà seul.
Inutile à présent de chercher à sauver la face, ni même d’essayer de rester concentré de peur de rater une information importante ; il se laisse donc lentement glisser dans la brume.
Il n’a plus la force d’y songer, plus la force d’espérer le retour d’Orso dans les plus brefs délais.

Un instant, avant que tout ne s’assombrisse, il songe à une façon de rendre moins pénible cet épisode fiévreux. Pour ça il a sa petite solution, adaptable à volonté à n’importe quel cas de figure.
Toutefois il y renonce.

Qui sait si la drogue Termite n’aggravera pas son état ? Puis, d’un point de vue plus pratique : il se sent incapable de tenir correctement la seringue. Pas la peine de risquer de s’infliger une blessure de plus.

La fatigue cumulée de tous les évènements ne tarde pas à refluer et le plonge bientôt dans un sommeil hanté par d'insaisissables spectres.

***
Un univers au tracé imprécis dépeint sur la palette d’un bleu-gris décliné en une infinité de nuances.
Le feu lui-même, tantôt immobile, tantôt courant le long du décor, est fait d’un dégradé de ce bleu qui se perd sur le rebord des flammes dans un gris à l’allure brumeuse.
Les détails sont noyés dans un épais brouillard qui ternit la scène, pourtant Lydhen les perçoit avec une clarté inouïe.

Tous ses sens en éveil, exacerbés au point que cela en devient douloureux, il observe le miroir qui lui fait face. Immense miroir à l’encadrement de pierre sculpté qui irradie faiblement tandis que les flammes en lèchent le contour.
Dans le reflet, le paysage se modifie de manière quasi-imperceptible, des éléments se soustrayant à d’autres, comme des pièces d’un puzzle que l’on tente d’assembler pour recréer un modèle.

Lydhen, pourtant face au miroir, n’y discerne pas sa silhouette. Il pose sa main sur la vitre, l’angoisse lui nouant la gorge.
La glace se dérobe soudain sous ses doigts, comme si sa main passait à travers une surface liquide, alors que dans le même temps, de manière inexplicable, le miroir vole en éclats.

Des milliards de minuscules éclats qui scintillent en passant à travers les flammes bleues.

Lydhen tombe à genoux sur l’amas de débris pareil à une étendue de sable aux reflets bleutés.

Des gouttes d’un liquide d’un bleu saphir viennent s’écraser sur les débris de verre.

En un flash il comprend et n’ose pas porter sa main à sa gorge en travers de laquelle est fiché un énorme morceau du miroir.

***

Il se réveille en sursaut, haletant, tiré de son sommeil agité à la fois par l'horreur du cauchemar et par une douleur au niveau de la plaie laissée par le Termite.
Encore à moitié dans les vapes, il voit Orso penché au-dessus de lui, visiblement occupé à désinfecter la blessure.
Combien de temps a-t-il dormi ? Il l’ignore. Suffisamment en tous cas pour que son camarade fasse l’aller-retour entre la planque et la porte de Trad.

Orso ne l’a pas abandonné à son sort. Il aurait pu ; ça aurait même été tout à fait compréhensible. Pourtant il est revenu, et Lydhen lui en est reconnaissant.

Dès que le blond sera de nouveau en mesure de mettre un pied devant l’autre, les deux acolytes fileront en direction de l’appartement d’Orso.
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Orso Datem
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MessageSujet: Re: Que tout parte en fumée   Ven 16 Déc - 21:21

Quelques coups de désinfectant supplémentaires et Orso n'aurait plus qu'à poser les pansements. La plaie n'était pas si dangereuse que cela après nettoyage, surtout impressionnante, aucune précision dans l'implantation du dard, mais heureusement elle était récente et le sable des bidonvilles n'avaient pas eu le temps de venir s'y coller proprement. Le contre coup psychologique par contre allait être plus tenace, le jeune étranger allait devoir faire face à une incubation non désiré et tout les petits plus qui allaient avec.

D'ici quelque mois la larve sera à même de converser avec lui par télépathie et Orso se demandait comment allait réagir Lydhen. Lui même avait une fois échangé quelques politesse avec un individu Termite et l'expérience était des plus inédites, échangé des pensées au lieu de mots, les réponses venant s'imprimer dans votre tête sous forme d'image (du moins c'est comme cela qu'il le concevait), le tout allait être déboussolant pour son nouveau compagnon. Il lui en parlerait une fois la nouvelle de la gestation assimilée, le plus important pour le moment était de le ramener et qu'il prenne du repos.

Après avoir pansé ses blessures et tenter de la rassurer comme il le pouvait, Orso ramena Lydhen en centre-ville, dans son minuscule appartement d'étudiant Nodawnien.

Ce qui lui servait de demeure était composé d'un salon faisant office de cuisine dans un coin, d'une salle de bain où l'on pouvait passer des toilettes à la douche en un pas et d'une chambre à peine assez grande pour faire le tour du lit. Orso aménagea avec peine l'espace rempli de livres sur la xénologie Nodawnienne afin de rendre l'endroit praticable pour deux et installa Lydhen sur le canapé pour que se dernier puisse enfin dormir et recouvrer des forces. L'étudiant profita du temps libre qui lui était accordé entre deux réveils de son compagnon pour plonger son nez dans ses précieux livres comme à son habitude. La civilisation Termite était devenue une obsession professionnelle pour Orso, et il avalait toutes les informations qu'il pouvait glaner. Et peut être en apprendrait-il plus sur la condition de son invité.

Le deuxième jour, Lydhen semblait se porter mieux, légèrement reposé plutôt qu'erreinté. Orso, encore dans le brouillard matinal pénétra dans le salon baignant de cette lumière constante d'un soleil qui ne se couche et se lève jamais et salua son futur compagnon de voyage. Dans deux jours ils prendraient la route de la Termitière et iraient à la rencontre de personnes aptes à leur répondre.

- Salut ! lança Orso. Comment vous vous portez ce matin ? Vous avez l'air plus frais ou en tout cas moins dans le gaz. Un café ?

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